Apologies

  • Apologie de la bonne indépendance.

Certes, comme on l’entend très souvent, il existe une forme d’indépendance néfaste : c’est l’indépendance vis-à-vis de Dieu. Or dans les faits et discours, on le confond souvent avec notre propre milieu / église / dénomination. Taguer ceux qui pensent et/ou vivent leur vie chrétienne d’indépendant est une manière de faire pression sur eux pour les garder. Or il existe une indépendance très saine : celle qui traduit la maturité spirituelle “afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction” (Eph 4:14). C’est à dire l’indépendance de savoir si ce qu’on nous enseigne est vrai ou non. Malheureusement, cette indépendance manque cruellement, en particulier aux jeunes de quelques milieux. Quid donc de la qualité et/ou complétude de l’enseignement prodigué ?

  • Apologie de l’encouragement.

Curieusement, il existe parfois dans certains milieux chrétiens la croyance qu’encourager quelqu’un le mènera  à développer son orgueil. On pourrait argumenter que c’est assez contraire avec l’idée d’édification, même s’il existe une nuance entre édifier et encourager. Tout se passe comme si l’encouragement n’était réservé qu’à l’enfant qui apprend à marcher. En effet, il ne nous viendrait pas à l’idée de lui pointer ses manquements et lui faire remarquer qu’il vient de trébucher au lieu de marcher correctement. C’est pourtant  ce que nous faisons souvent entre chrétiens. Au lieu de souligner ce que l’autre fait de bien et de bon, on peut avoir tendance à souligner tout ce qui ne va pas, encore une fois par peur que l’autre s’enorgueillisse. Or, c’est tellement agréable de se faire encourager ! Tellement plus constructif ! Tellement plus encourageant de s’entendre dire qu’on a bien fait, au lieu d’avoir un retour négatif, ou bien pas de retour du tout sur ce que l’on fait. Imaginez-vous avec votre conjoint :  comment vous sentez-vous quand il/elle  vous fait des reproches ? Et quand il/elle vous fait des compliments ? Alors comment faire pour prodiguer des encouragements sans que la personne se prenne la grosse tête ? Par expérience, la réponse très simple : si tout le monde encourage tout le monde, personne ne se prend la grosse tête car tout le monde reconnaît les qualités des autres, en particulier celles que nous n’avons pas !

  • Apologie d’une certaine forme de passion.

Encore une fois, certes il existe une forme de passion néfaste : l’intérêt très fort pour quelque chose, qui détruit plutôt que ne construit l’individu. Celle qui ronge plutôt que n’élève. Sur la base de “Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs mauvais”, on entend parfois que toute forme passion est néfaste. C’est souvent sur cette base qu’on entend des chrétiens témoigner qu’ils ont abandonné certaines activités (parfois professionelle) par conformité avec cet enseignement. Chez le jeune chrétien, cela se traduit aussi par la méfiance dans tout ce qui peut lui plaire, par crainte de pécher. Or c’est une confusion : j’ignore tout du Grec, mais avec un logiciel adapté et gratuit (onlinebible.com), on s’aperçoit que dans le verst, le mot passion ne désigne pas “désir très vif”, mais plutôt “souffrances” ! Ce n’est donc pas toutes les formes de passions qui sont à proscrire, et il existe des passions, qui lorsqu’elles sont contrôlées, sont au contraire très bénéfiques ! J’en veut pour preuve qu’on évalue même pour entrer dans n’importe quelle organisation évangélique / missionaire / eccésiastique, la motivation du candidat. Enseigner que toute forme de passion est un péché traduit donc une vue très étroite, et me semble donc une démarche très incomplète.